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Colloque international, “La postérité de l’œuvre d’Émile Durkheim cent ans après”, 1, 2 et 3 juin 2017, Bordeaux

La postérité d’une œuvre se mesure autant à ses prolongements qu’à ses échecs, aux fidélités suscitées qu’aux reniements proclamés, à l’orthodoxie de ses continuateurs qu’à leur dissidence. Sa vulgate, ses caricatures, ses contrefaçons et jusqu’à ses mutilations, volontaires ou non, en relèvent tout autant que ses interprétations les plus autorisées et les mieux fondées.

Une œuvre vaut sans doute autant par ses produits que par ses sous-produits, par ce qu’elle révèle que par ce qu’elle tait, par ce qu’elle dit que par ce qu’on lui (a) fait dire. À l’instar de tout produit de l’esprit, elle devient un monument que l’on visite librement et dont le visiteur n’est pas tenu de connaître les intentions de l’architecte ou de respecter les consignes du guide. Dans le domaine scientifique, c’est certainement plus vrai encore : les hypothèses qu’elle suscite sont parfois aussi importantes que les thèses qu’elle justifie ; les perspectives qu’elle ouvre plus ou moins implicitement, les imaginaires qu’elle stimule et jusqu’aux contresens qui en procèdent peuvent être autant de contributions à l’évolution des connaissances à venir, voire au progrès du savoir.

La fécondité d’une pensée tient donc aussi, et souvent plus, à sa descendance indirecte que directe, illégitime que légitime – tout comme ces rejetons non reconnus par leur géniteur ou leur famille mais qui s’en revendiquent et que, de toute façon, les généalogistes ont tôt fait d’identifier.

Examiner la postérité de l’œuvre de Durkheim (1858-1917) cent ans après la mort de son auteur, revient donc à prendre un moment distance avec les postures normatives et érudites qui prévalent légitimement dans le monde académique lorsqu’il s’agit de définir et d’évaluer les contenus et la portée d’une œuvre. Il s’agit donc moins de visiter une fois de plus l’œuvre d’un auteur afin d’en approfondir la connaissance « objective » que de faire un bilan de son influence sur la sociologie et ceux qui la font aujourd’hui.

Que doit notre discipline à l’œuvre de celui qui passe pour en être l’un des fondateurs ? Quels questionnements et quelles réponses nouvelles a-t-elle suscités ? Comment nous en sommes-nous emparés et avec quelles conséquences aux plans théorique, conceptuel et méthodologique ? Ses ambiguïtés, ses apories ou encore ses échecs ont-ils été dépassés, et comment ? Ont-ils, éventuellement, été féconds, stimulants ? Mais aussi, quelles évolutions a-t-elle inhibées, quels retards a-t-elle fait prendre à la sociologie française par rapport à ses homologues étrangères ? Qu’a-t-elle perdu ou acquis au cours de ses pérégrinations internationales, de ses exportations et de ses réimportations ? Bref, en quoi, comment – et pourquoi – la sociologie contemporaine est-elle redevable, pour le meilleur et aussi pour le moins bon, tant à l’œuvre scientifique de Durkheim qu’à ses orientations idéologiques, voire à ses formes de publicisation ou d’institutionnalisation ?

Voilà quelques-unes des questions dont nous proposons à nos collègues de s’emparer – soit en historiens et en spécialistes de l’œuvre durkheimienne, soit plus simplement en praticiens réflexifs de leur discipline dès lors qu’ils l’ont rencontrée au cours de leurs recherches dans leurs domaines propres, et quels que soient l’accueil et le sort qu’ils lui ont réservés. Sociologues, économistes, politistes, philosophes ou anthropologues, le périmètre thématique du programme de recherche durkheimien est assez large pour accueillir les représentants des diverses sciences sociales.

Date :
1, 2 et 3 juin 2017

Lieu :
Le Colloque international “La postérité de l’œuvre d’Émile Durkheim cent ans après” se tiendra à Bordeaux, dans la ville qui accueillit les premiers cours de sociologie de Durkheim (site de la Victoire / Sciences Po Bordeaux)

Organisation :
Sciences Po Bordeaux, la Faculté de sociologie de l’université de Bordeaux, le Collège des Sciences de l’Homme de l’université de Bordeaux et le Centre Émile Durkheim (UMR 5116)

Inscription :
L’inscription au colloque est gratuite mais obligatoire.
Pour accéder au formulaire d’inscription, il est nécessaire de créer un compte sur le site.

 

Programme :

Jeudi 1er juin 2017

13h45 – 14h00 : Accueil des participants
14h00 – 14h30 : Allocutions de bienvenue
Présentation : Charles-Henry CUIN & Ronan HERVOUET

14h30 – 18h30 : 1 – LES OBJETS CLASSIQUES
Modérateurs : Sandrine RUI & Antoine ROGER
François DUBET (Université de Bordeaux / EHESS), « Durkheim et les questions scolaires. Hier et aujourd’hui. »
Laurent MUCCHIELLI (CNRS/LAMES), « La sociologie française du crime doit-elle quelque chose à Durkheim ? »
Michel LALLEMENT (CNAM), « De Durkheim à la sociologie du travail : distances et héritages. »
Philippe STEINER (Université Paris IV – Sorbonne), « Solidarité et institutions : deux apports fondamentaux de Durkheim à la sociologie économique. »
Bruno KARSENTI (EHESS), « À propos de quoi les religions luttent-elles ? Un point de vue durkheimien. »

Vendredi 2 juin 2017

9h00 – 12h30 : 2 – MORALE, INTÉGRATION, RÉGULATION
Modérateurs : Éric MACÉ & Caroline DUFY
Andrew ABBOTT (Université de Chicago), « La morale chez Durkheim : entre théorie et pratique. »
Didier FASSIN (Institute for Advanced Study, Princeton/ EHESS), « Crime et châtiment, version Durkheim. »
Florence WEBER (ENS), « Excès de contacts et défaut de régulation ? Les transformations des sociétés mondiales contemporaines. »
Serge PAUGAM (CNRS/EHESS), « Durkheim et l’attachement aux groupes. Une théorie sociale inachevée. »

14h30 – 18h00 | 3 – LE POLITIQUE
Modérateurs : Claire SCHIFF & Andy SMITH
Cynthia FLEURY (American University of Paris), « L’enseignement de Durkheim : les paradoxes de l’articulation individuation/socialisation comme base de la démocratie moderne. »
Pierre BIRNBAUM (Université Paris I – Panthéon-Sorbonne et Sciences Po), « La question de l’État aujourd’hui. »
Yves DÉLOYE (Sciences Po Bordeaux), « Penser la citoyenneté avec Durkheim : force et faiblesse d’une approche sociologique fondatrice. »
Bertrand BADIE (Sciences Po), « Durkheim et l’avènement d’une sociologie des relations internationales. »

Samedi 3 juin 2017

9h00 – 12h30 | 4 – LECTURES, RÉCEPTIONS ET CONTROVERSES
Modérateurs : Pascal RAGOUET & Cécile VIGOUR
Eva ILLOUZ (Université hébraïque de Jérusalem / EHESS), « De quoi l’Incertitude est-elle le nom ? »
Irène THÉRY (EHESS), « L’apport de Durkheim et des durkheimiens aux études de genre : un héritage à redécouvrir. »
François CHAZEL (Université Paris IV – Sorbonne), « Les voies divergentes de la réception de Durkheim et de Weber : deux parcours contrastés de l’accession au statut de ‘classique’ »
Marcel FOURNIER (Université de Montréal), « Les études durkheimiennes aujourd’hui : thèmes et controverses. »

13h00 : Fermeture du Colloque.

 

Séminaire de recherche IRIS/OIP “Sciences sociales et prison « Prison et politique »”, programmation 2016-2017, EHESS

La section française de l’Observatoire international des prisons (OIP) et l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (Iris) animent depuis 2014 un séminaire de recherche sur les institutions carcérales. Il s’agit de mener conjointement une réflexion sur les pratiques des acteurs qui travaillent dans et autour de la prison et sur les expériences des personnes détenues.
Dans un dialogue entre recherche et pratiques, en présence de chercheurs et de professionnels de terrain, le séminaire aborde les institutions fermées par le prisme des rapports sociaux et politiques à l’oeuvre, de l’échelle de l’expérience individuelle à l’intervention institutionnelle.
Cette année, le séminaire propose une réflexion sur la prison et le politique, à la fois pour penser la place occupée par la question carcérale dans le discours politique et pour analyser les conditions d’émergence d’un espace public et politique au sein des établissements pénitentiaires.

Oganisation :
Séminaire de recherche coordonné par Marc Bessin, Marie Crétenot, Camille Lancelevée et Cécile Marcel.
Coorganisé par l’IRIS (EHESS) et l’OIP.

Lieu :
EHESS  : 105 bd Raspail 75006 Paris ou 96 bd Raspail 75006 Paris


Contacts :
sciencessocialesetprison@gmail.com
https://prison.hypotheses.org

 

Programme

Lundi 14 novembre 2016 | 17h-20
Introduction : Populisme pénal, la prison saisie par le politique
Amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris

Lundi 9 janvier 2017 | 17h-20h
Réformer les prisons : le bruit des syndicats, le silence des surveillant.e.s
Salle des Lombards, 96 bd Raspail 75006 Paris

Lundi 13 février 2017 | 17h-20h
Privés de parole politique. Quel espace public en prison ?
Salle des Lombards, 96 bd Raspail 75006 Paris

Lundi 13 mars 2017 (17h-20h)
Les prisons et le marché : la place des acteurs privés
Salle des Lombards, 96 bd Raspail 75006 Paris – Attention, en raison de travaux, l’entrée se fait par le 19 rue Notre-Dame-Des-Champs

Séance coordonnée par Camille Lancelevée (docteure en sociologie, IRIS, EHESS) et Cécile Marcel (directrice de l’OIP – section française)

Table-ronde avec Michel Benac (ancien directeur emploi-formation chez GEPSA), Julie Ollivaux (directrice des services pénitentiaires, ancienne adjointe au chef d’établissement du centre de détention de Saint Mihiel), Alexia Venouil (docteure en science politique, Pacte, Sciences Po Grenoble), Jennifer Yeghicheyan (docteure en ethnologie, SANTESIH, Université de Montpellier).

Alors que la part des missions déléguées au secteur privé et le nombre de prisons concernées augmentent depuis la fin des années 1980 en France, la recherche en sciences sociales et le monde associatif se sont peu intéressés à la place des acteurs privés en milieu carcéral. Afin de sortir d’un débat qui se réduit souvent à une opposition un peu caricaturale entre l’apologie de l’efficacité économique du privé et la dénonciation d’un “complexe industrialo-pénitentiaire”, cette séance propose de réfléchir aux enjeux sociaux, économiques et politiques soulevés par la présence du secteur privé entre les murs des prisons françaises. Comment expliquer le recours croissant par l’administration pénitentiaire à la gestion déléguée et au partenariat public-privé ? Dans quelle mesure les contraintes du privé viennent-elles influencer la fabrique des politiques pénitentiaires mais également modifier le fonctionnement quotidien des prisons ?

Lundi 24 avril 2017 | 17h-20h
La prison sous contrôle démocratique
Salle 7, 105 Bd Raspail 75006 Paris

Lundi 15 mai 2017 | 17h-20h
La prison en réponse aux violences politiques ?
Salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris

Lundi 12 juin 2017 | 17h-20h
L’utopie de la prison modèle
Salle des Lombards, 96 bd Raspail 75006 Paris

Télécharger le programme

 

Aides doctorales à la mobilité au CEFRES (France et pays de Visegrad) 2017-2018

 

Le Centre Français de Recherche en Sciences Sociales (CEFRES) propose des aides doctorales à la mobilité d’un an à des doctorants en deuxième année de thèse, inscrits dans une université en France, Hongrie, Pologne, République tchèque ou Slovaquie. Il se réjouit d’accueillir de nouveaux jeunes chercheurs de France et des pays de Visegrad.

Les travaux des doctorants doivent s’inscrire dans l’un des axes de recherches du CEFRES :

  • DÉPLACEMENTS, DÉPAYSEMENTS ET DÉCALAGES : HOMMES, SAVOIRS ET PRATIQUES
  • NORMES & TRANSGRESSIONS
  • OBJETS, TRACES, MISES EN CARTE : ESPACES AU QUOTIDIEN

La maîtrise de l’anglais est obligatoire, celle du français appréciée.
Les doctorants retenus rejoindront l’équipe du CEFRES et participeront à la vie scientifique du centre à Prague.
La période de mobilité s’étend du 1er septembre 2017 au 31 août 2018.

Pour des doctorants de l’Université Charles et/ou de l’Académie des sciences de République tchèque, voir l’AAC en français.
Pour des doctorants de France, d’autres universités en République tchèque et des pays de Visegrad, voir l’AAC en français.

Pour toute question, s’adresser par courriel à Mme Věra Štofaníková : stofanikova@cefres.cz

Les dossiers peuvent être envoyés en français ou en anglais.

Dates limites :
Dépôt des dossiers : le 27 mars 2017 (19h00)
Publication des résultats finaux : le 2 juin 2017

Nouvelle parution : Pour une nouvelle sociologie classique, par Alain Caillé et Frédéric Vandenberghe

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Il est grand temps de faire revivre le projet d´une théorie sociale générale… et généreuse. En tant que riposte et alternative à la colonisation des sciences sociales par l´économie néoclassique, nous proposons de reprendre en l’actualisant le projet des grands auteurs classiques, d’Aristote à Marx, de Kant à Habermas, d’Adam Smith à Durkheim et Mauss, de Schumpeter ou Keynes à Polanyi ou Braudel, etc.
Contre l´orthodoxie néoclassique des économistes et la doxa de la neutralité axiologique des sociologues, nous apellons à une nouvelle synthèse de la sociologie classique, de la philosophie morale et politique et des « Studies ». Si les sciences sociales veulent poursuivre leur travail de reflexivité, il est essentiel qu’elles renouent avec la grande tradition et se conçoivent comme la continuation de la philosophie morale et politique par d’autres moyens.
Si elles ne réussissent pas à se dégager de l’utilitarisme, elles risquent fort de connaître le même destin que les sociétés et les universités – elles ne seront plus une vocation, mais une profession, et en tant que telles une simple extension du Marché et de l’État.

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Table des matières

Avertissement • 7

Livre I
Plaidoyer pour une sociologie néoclassique
Avant-propos …………………………………………………………………………… 15
Chapitre 1
Les quatre fragmentations de la sociologie …………………………………. 19
Chapitre 2
Vers une théorie sociale néoclassique ………………………………………… 29
Chapitre 3
Métatheorie, théorie sociale et théorie sociologique …………………….. 39
Chapitre 4
Le destin du marxisme ……………………………………………………………… 49
Chapitre 5
Les constellations des théories de l’intersubjectivité et de l’interdépendance……………………………………………………………………… 59
Conclusion ……………………………………………………………………………….. 71
Bibliographie ……………………………………………………………………………. 73

Livre II • 79
La sociologie comme philosophie pratique et morale (et vice-versa)
Par Frédéric Vandenberghe
Avant-propos ……………………………………………………………………………. 81
Chapitre 1
Qu’est-ce que la sociologie morale ? …………………………………………… 87
Chapitre 2
De la philosophie à la sociologie ………………………………………………… 93
Chapitre 3
Pour en finir avec la neutralité axiologique ………………………………… 101
Chapitre 4
La sociologie comme philosophie pratique …………………………………..111
Chapitre 5
« La vie bonne avec et pour les autres dans des institutions justes »  121
Conclusion ………………………………………………………………………………..131
Bibliographie …………………………………………………………………………… 133

Informations techniques :
Pour une nouvelle sociologie classique, par Alain Caillé et Frédéric Vandenberghe
Le Bord de l’Eau éditions. Collection “Bibliothèque du MAUSS”
Paru en septembre 2016
ISBN : 9782356874719
250 pages
Prix de vente public : 20.00€

Appel à contributions : Journées doctorales “Les Méthodes en philosophie politique (Dix ans après)”, 14-16 octobre 2015, Université de Rennes

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Le  colloque aura lieu les 14, 15 et 16 octobre 2015 à l’Université de Rennes 1. Les propositions sont à envoyer avant le 1 mai 2015.
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Présentation

Il y a dix ans, un colloque intitulé « les Méthodes en philosophie politique », organisé en mars 2005 à l’Université de Rennes 1, avait eu pour objectif de réunir des jeunes chercheurs en philosophie morale et politique contemporaine afin de faire dialoguer les deux traditions et/ou méthodes de philosophie, l’une dite « continentale », l’autre dite « analytique », qui structuraient alors le champ. Ce colloque avait permis à des jeunes représentants des deux écoles de pensée de réfléchir ensemble sur leurs pratiques respectives et de dessiner les perspectives épistémiques issues de leur rencontre.

Il avait donné lieu à une publication, Ludovic Chevalier (dir.), Le Politique et ses normes. Les débats contemporains en philosophie politique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2006.

Nous souhaitons faire le bilan, dix ans plus tard, des évolutions du champ francophone et réinterroger les pratiques théoriques qui sont aujourd’hui mobilisées pour développer des perspectives normatives permettant d’évaluer les réalités politiques actuelles. À cette fin, nous appelons les jeunes chercheurs (doctorants ou post-doctorants) en philosophie morale et politique dans l’espace de la francophonie à présenter leurs recherches en cours en s’interrogeant notamment sur leur méthode et sur le rapport entre leur méthode, leurs enjeux et leurs objets. Des chercheurs confirmés, en particulier ceux qui avaient participé à la première rencontre, répondront à leur présentation et ouvriront la discussion.

Le clivage, qui avait semblé s’atténuer, entre philosophie analytique et philosophie continentale ne semble toujours pas surmonté. Il n’est pas sûr qu’il faille travailler à effacer la différence de méthode, mais il nous paraît souhaitable de jeter des ponts entre ces approches et de présenter les apports mutuels et les critiques constructives possibles entre les deux.

D’autres lignes problématiques se sont également affirmées ces dix dernières années et nous semblent devoir être interrogées à la lumière des évolutions du champ de la philosophie morale et politique : d’une part, la question de savoir si, et comment, la philosophie normative doit se situer en relation aux apports empiriques des sciences sociales (et lesquelles : économie, droit, science politique, sociologie, anthropologie, histoire…) sans se dissoudre dans la critique sociale mais en maintenant la réflexion sur les principes. D’autre part, on pourra s’interroger sur la façon dont la philosophie normative intègre méthodologiquement son rapport à l’histoire de la philosophie ou l’histoire des idées en général.

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Comité scientifique :
Magali Bessone, Université de Rennes 1
François Calori, Université de Rennes 1
Marc-Antoine Dilhac, Université de Montréal

 

Modalités de soumission :
Les contributions seront en français et la langue du colloque sera le français.
Les propositions de 1000 mots maximum devront être envoyées avant le 1er mai 2015 à magali.bessone-luquet@univ-rennes1.fr
La réponse sera communiquée le 1er juin 2015.

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Appel à communications : colloque “Comment penser l’anthropocène ? Anthropologues, philosophes et sociologues face au changement climatique”, Collège de France

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Ce colloque invite des chercheurs en sciences humaines à réfléchir aux enjeux cruciaux posés par les rapports que l’homme entretient avec son environnement.

Le colloque aura lieu les 5 et 6 novembre 2015 au Collège de France. Il est coordonnée par Catherine Larrère, sous l’égide de Philippe Descola, en partenariat entre le Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (PhiCo) à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le Collège de France et la Fondation de l’écologie politique.

Les propositions sont à envoyer avant le 31 mars 2015.

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Présentation

En décembre 2015, la 21ème Conférence des parties sur le climat, communément appelée COP21, se tiendra au Bourget, près de Paris. Cette conférence suscite autant de craintes, que d’espoirs : beaucoup considèrent qu’elle représente la dernière chance d’arriver à un accord contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin d’éviter une hausse trop importante des températures, qui aurait des effets catastrophiques.

C’est dans la perspective d’une mobilisation de tous les efforts autour d’une solution positive, que nous appelons à un colloque international, réunissant philosophes, anthropologues et sociologues, qui se tiendra à Paris, au Collège de France, le 5 et 6 novembre 2015.

Notre idée est d’organiser la réflexion développée au cours du colloque selon deux axes :

  1. celui de la globalité et de la diversité du changement climatique
  2. celui de la réduction et de l’adaptation comme réponses au changement climatique

Le changement climatique est un phénomène global, c’est même par excellence le phénomène qui manifeste le caractère planétaire des bouleversements écologiques consécutifs aux actions humaines. C’est la raison principale qui a conduit à considérer que la planète est sortie de l’holocène pour entrer dans une nouvelle ère géologique – l’anthropocène – marquée par le poids des populations humaines (et de leurs activités) sur les phénomènes géophysiques. Mais ce changement global est aussi un phénomène diversifié, non seulement parce qu’il affecte de façon très différente, par ses effets sur leur milieu de vie, les populations de l’ensemble du globe, mais tout autant parce que celles-ci y ont très inégalement contribué et ne peuvent y répondre de la même façon.

Une fois que l’on s’est rendu compte qu’il n’était plus possible d’arrêter un changement climatique qui est déjà là, il ne restait plus que deux réponses possibles : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux effets du changement climatique. Ces deux réponses ne sont nullement exclusives. Ce qui serait grave, ce serait de considérer qu’une seule de ces réponses suffit : si l’on ne peut se contenter de la seule adaptation aux changements en cours, et si c’est autour de la réduction que doivent se concentrer les efforts volontaristes et politiques, il sera de toute façon nécessaire de s’adapter conjointement à un changement qui est déjà en cours et se poursuivra même si l’on parvient à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Or, il n’y a aucune raison de voir l’adaptation comme un processus automatique d’ajustement qui rendrait moins urgents les efforts à consentir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et qui équivaudrait à la résignation, encourageant le “business as usual”.

Pour se saisir de ces deux axes – celui de la globalité et de la diversité, celui de l’adaptation et de la réduction – et en articuler les enjeux, il nous paraît nécessaire de confronter les point de vue de ceux qui étudient et conceptualisent les rapports entre les sociétés humaines et leur environnement dans une large perspective comparative.

Pour celles et ceux qui souhaitent se joindre à nous, nous vous invitons à répondre à notre appel à communications. Nous nous pencherons sur plusieurs questions :

  • Responsabilité et justice dans la façon de répartir les efforts dans les réponses au changement climatique, sur le long terme.
  • L’hypothèse de l’anthropocène implique que l’histoire humaine et celle de la nature se rencontrent, ce qui revient à affirmer l’unification de l’humanité, considérée comme une force naturelle. Que signifie l’unité de l’humanité ainsi appréhendée dès lors que l’on constate que le poids des populations humaines dans le changement global est inégal, et qu’elles en seront différemment atteintes ?
  • La question qui se pose pour l’anthropocène se pose aussi pour les représentations globales, scientifiques ou non, de la planète qui lui sont associées, comme celles de Gaïa. Quels rapports entretiennent-elles avec la diversité de la façon dont les populations humaines perçoivent les transformations de leur milieu de vie (compte tenu de leurs visions du monde, de leurs pratiques et de leurs savoirs) ?
  • On insistera plus particulièrement sur la question de l’adaptation jusqu’ici assez négligée par une réflexion philosophique qui s’est volontiers focalisée sur l’héroïsation volontariste de la réduction.
  • On peut aussi aborder la question, très largement débattue, de la géo-ingénierie, ou ingénierie climatique, non seulement du point de vue des ses effets (globaux et diverses), mais aussi pour savoir si elle relève de l’adaptation (la technique pouvant être envisagée comme la forme humaine de l’adaptation) ou de la réduction (puisqu’il s’agit d’agir globalement sur le climat).

La langue du colloque sera l’anglais et le français, nous assurerons toutefois la traduction des conférences plénières (qui seront toutes disponibles à la fois en anglais et en français).
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Conférences plenières :
Isabelle Delpla (Université Lyon 3)
Philippe Descola (Collège de France)
Dale Jamieson (NYU)
Bruno Latour (Sciences Po)

Comité scientifique :
Philippe Descola (Collège de France)
Dale Jamieson (NYU)
Sandra Laugier (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
Mathias Girel (ENS Ulm)
Emmanuel Picavet (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne)
Catherine Larrère (Université Paris I Panthéon Sorbonne), Fondation de l’Ecologie Politique
Christophe Bonneuil (CNRS/Centre Alexandre Koyré)
Pierre Charbonnier (Ehess)

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Modalités de soumission : 

Nous accueillons les présentations en français et en anglais, dans le cadre des deux formats différents :

  • présentations individuelles (résumés jusqu’à 400 mots)
  • sessions formelles (ensemble de 2 jusqu’à 4 présentations avec discussion ; résumés de l’ensemble jusqu’à 1000 mots, avec une introduction générale au thème de la session proposée et des informations courtes sur les contributions proposées)

Nous invitons les chercheurs à nous envoyer leurs propositions à l’adresse  anthropocene.conference@gmail.com, sous format doc, docx (Microsoft Office) ou pages (Apple Works), avant le 31 mars 2015.

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Nouvelle publication : Alain Caillé, “Anti-utilitarisme et paradigme du don. Pour quoi ?”, Le Bord de l’eau

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Depuis plus de trente ans La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en science sociale) critique la dérive économiciste et utilitariste des sciences sociales. Elle montre comment cette inflexion de la pensée contribue puissamment à la mercantilisation et à la financiarisation spéculative, catastrophique, du monde. Parallèlement, dans le sillage notamment de l’Essai sur le don de Marcel Mauss (1924), elle propose d’observer et de penser le rapport social en chaussant les lunettes du don, étant entendu que pour elle le don est politique (et réciproquement). Ainsi, s’est formée peu à peu, une école de pensée généraliste en science sociale, transversale à la sociologie, l’anthropologie, la science économique et la philosophie morale et politique.

Ce petit livre, issu d’une conférence donnée sous ce titre à l’université de Nanterre en octobre 2013, donne une vision très synthétique du travail accompli par le MAUSS et montre comment, en science sociale,  contrairement aux vulgates en vigueur,  il faut être résolument à la fois savant et politique.

Alain CAILLÉ est Professeur émérite de sociologie (Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Sophiapol). Il est notamment l’auteur de : Anthropologie du don. Le tiers paradigme (Desclée de Brouwer, 2000) ; Histoire raisonnée de la philosophie morale et politique (sous la dir. d’A. Caillé, Ch. Lazzeri et M. Senellart, La Découverte, 2001).

 

Informations techniques :

Anti-utilitarisme et paradigme du don. Pour quoi ?
d’Alain Caillé

Éditeur : Le bord de l’eau
Collection : La bibliothèque du MAUSS
Date de parution : 21 août 2014

ISBN : 9782356873293
110 pages
9.00 €

 

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur : http://www.editionsbdl.com/fr/books/anti-utilitarisme-et-paradigme-du-don.-pour-quoi-/399/

Rencontre-débat autour du livre “Le Capitalisme a-t-il un avenir?”, 6 novembre 2014, 19 heures, Maison de l’Amérique Latine

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La Maison de l’Amérique Latine, les Éditions La Découverte, et le Laboratoire Théories du politique (Labtop) vous invitent à un débat avec Immanuel Wallerstein, Randall Collins, Michael Mann, Georgi Derluguian et Craig Calhoun à l’occasion de la parution du livre Le capitalisme a-t-il un avenir? aux Éditions La Découverte, (collection “L’horizon des possibles”, parution le 20 novembre), en présence des directeurs de collection Laurent Jeanpierre et Christian Laval.

 

Date :
Jeudi 6 novembre 2014, de 19h à 20h30

Lieu :
Maison de l’Amérique Latine
Auditorium
217, Boulevard Saint Germain
75007 Paris
Métro Solferino ou Rue du Bac

 

Présentation de l’ouvrage

On dit parfois qu’il est plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitaliste. C’est à un véritable exercice d’imagination sur l’avenir très problématique du capitalisme que nous convient cinq des chercheurs les plus éminents de la sociologie historique, réunis autour d’Immanuel Wallerstein, fécond héritier de Braudel et père de la théorie des « systèmes-mondes ». En échappant aux facilités du prophétisme, ils explorent ici une série de dimensions cruciales et de tendances « lourdes ».
> présentation complète sur le site de l’éditeur.

 

Auteurs

Immanuel Wallerstein est l’auteur influent de nombreux ouvrages traduits en français (notamment à La Découverte) sur la sociologie historique du capitalisme.
Randall Collins est professeur à l’université de Pennsylvanie et auteur de nombreux ouvrages qui ont renouvelé tant la microsociologie interactionniste inspirée par Erving Goffman que la sociologie historique de la « longue durée ».
Michael Mann est professeur de sociologie à UCLA et auteur de la plus puissante et plus influente fresque socio-historique néo-wébérienne (The Sources of Social Power, Cambridge University Press, en quatre volumes, de la préhistoire au monde contemporain).
Georgi Derluguian enseigne les sciences sociales à la New York University d’Abou Dabi.
Craig Calhoun est un spécialiste reconnu des mouvements sociaux, du nationalisme et de la mondialisation. Il dirige la London School of Economics depuis septembre 2012.